Lorsque l’on parle des plus vieux films de Jim Carrey, les chances que l’on pense à Ace Ventura, Le Masque ou La Cloche et l’Idiot sont assez élevés. À 32 ans et relativement inconnu du grand écran, l’acteur réussit à l’époque un tour de force. Il obtient le rôle principal pour chacun d’eux. Plus surprenant encore, ces trois productions ont tous un autre point en commun, elles prirent l’affiche la même année. 1994 sera dorénavant l’année Jim Carrey.

Ace Ventura — 4 février 1994

Lors de sa sortie, la critique fut très dure envers le film. Néanmoins, le public réserva un accueil plutôt favorable à ce nouvel acteur à l’énergie débordante.  Les profits engendrés parlèrent d’eux-mêmes : on calcula des recettes de 107,2 millions de dollars sur un budget de 15 millions.

Une révolution était déjà en marche. Deux ans auparavant, le succès fulgurant de Wayne’s World laissait entrevoir un marché lucratif pour le cinéma comique. Bien que l’épopée issue des fameux sketches de Saturday Night Live eût été une franche réussite, c’est avec Ace Ventura, Le Masque et La Cloche et l’Idiot que le feu fut mis aux poudres.

Voyant les chiffres, les studios ont vite compris que ce genre de productions pouvaient générer de gros profits. Surfant sur cette vague, les comédiens commencèrent à recevoir les mêmes cachets autant que les vedettes de films d’action. Du jamais vu auparavant.

Le Masque — 29 juillet 1994

Le film fut complété en un mois et demi durant la fin de l’été 1993. Il prit l’affiche quelques semaines après la fin du tournage de La Cloche et l’Idiot. À l’instar de son prédécesseur, la réception fut très positive, autant par la critique que par le public.

La comédie généra 351,6 millions de $ sur un budget de 23 000 000 $. Des trois films, il est sans contredit le plus rentable.  Il se classa en 4e position des plus grosses recettes de l’année, derrière True Lies, Forrest Gump et Le Roi Lion.

L’oeuvre devint aussi l’adaptation d’une bande dessinée la plus lucrative de l’histoire.
Il garda ce titre pendant 25 ans (jusqu’en octobre 2019, où Joker, avec Joaquin Phoenix, le délogea).

Comme salaire, Jim Carrey ne toucha que 450 000 $ (100 000 $ de plus que pour Ace Ventura). Malgré les espoirs engendrés lors du tournage des aventures du détective pour animaux, les studios le considéraient encore comme une recrue.

Quand Ace Ventura prit l’affiche (début février), Le Masque était déjà rendu en postproduction. Le succès du film en salle permit de débloquer les derniers fonds nécessaires pour finaliser le travail au niveau des effets visuels. Ceux-ci récoltèrent même une nomination aux oscars cette année-là.

La Cloche et l’Idiot — 6 décembre 1994

Ce 3e film en moins d’un an fut lui aussi, un franc succès. La critique fut moins élogieuse que pour Le Masque, mais le public était toujours bien au rendez-vous. On enregistra des chiffres de plus de 247 millions de dollars, sur un investissement de 17 millions.

Jim Carrey fut senti très tôt pour interpréter un des deux rôles principaux. C’est grâce au visionnement d’un premier montage de Ace Ventura et qu’on vit en lui la personne idéale.

Saisir l’opportunité dès qu’elle se présente

Pour vendre le script, ils se rendirent chez New Line Cinema (une division de Warner Bros.) en premier. Ces derniers venaient tout juste de produire Le Masque. Le studio se montra intéressé, mais voulait offrir à l’acteur le même salaire que pour le précédent film, soit 450 000.

Jim Carrey, commençant à flairer le succès, demanda 500 000. Le studio lui refusa. À ce moment précis, Ace Ventura débarquait sur les écrans et était numéro 1 au palmarès.

Puis numéro 1 pour le second week-end. New Line se ravisa et accepta les 500 000, mais Jim Carrey demanda cette fois-ci 750 000.

Les négociations se poursuivirent. Comme New Line n’arrivait pas à s’entendre avec eux, les producteurs allèrent magasiner le film chez d’autres studios. Une véritable guerre des enchères s’en suivit (encore une fois, dû à l’immense succès de Ace Ventura).

La montée du salaire fut spectaculaire. New Line, qui aurait pu sécuriser l’acteur et la production avec une note dans les 6 chiffres un peu plus tôt, se retrouvait maintenant à offrir à Jim Carrey un montant de 7 millions de dollars (14 fois plus que les 500 000 dollars demandés quelques semaines plus tôt).

Au total, les recettes pour les trois oeuvres combinés s’élevèrent à plus de 706 millions de dollars. Tout un exploit pour quelqu’un qui était inconnu du grand écran moins d’un an auparavant.

Au cinéma, 1994 restera véritablement marqué comme l’année Jim Carrey.

 

Pour d’autres articles en lien avec le cinéma !

 

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *